Démarche artistique
Autodidacte, j'ai peint et dessiné pendant plusieurs années sur toiles et autres supports (isorel/medium). Après avoir développé un motif sur plusieurs toiles de moyens et grands formats, j'ai voulu expérimenter de plus grandes surfaces en réalisant des fresques murales. J'ai eu la chance de pouvoir réaliser ma première peinture murale sur la façade de l'atelier Vivarium en 2012. Expérience riche et très satisfaisante qui m'a directement motivé à la réitérer dans d'autres lieux. Depuis, je répète donc inlassablement ce motif sur murs et sur toiles, avec un large panel de déclinaisons possibles, en variant tailles et couleurs. Cette forme abstraite aux accents organique, végétal, aquatique, fluide évoque le mouvement, la vie, qui, à la manière d'une plante grimpante, recouvre tout l'espace qui lui est offert. J’attache un soin particulier à ne pas cloisonner cette forme dans une représentation précise et figée, laissant ainsi une plus grande liberté d'interprétation aux regards qui la rencontrent.
J'ai répondu à plusieurs commandes publiques et privées depuis 2015.
J'ai donc eu la chance de réaliser de grandes fresques pour la ville de Rennes (2015) puis pour la SNCF (2017), un long couloir à Dédale, Vannes (2019), puis des commandes chez des particuliers, murs intérieurs et façades extérieures.
Peindre sur un mur, c'est non seulement avoir la chance de s'exprimer sur une très grande, voire une immense toile. Mais c'est également avoir le privilège que cette immense toile soit, parfois, exposée dans l'espace publique. C'est ce qui est intéressant dans la mouvance Street Art, c'est que les oeuvres murales créent un véritable musée à ciel ouvert dans l'espace urbain. Musée gratuit et accessible à tous, tous les âges, toutes les cultures, de tous les milieux sociaux. On a donc une grande chance d'interpeler le regard des passants, de véhiculer un message, de susciter une émotion, c'est un immense privilège que de pouvoir s'exprimer de cette manière. Les pionniers de cet art de rue étaient bien sûr les graffeurs, ce sont eux qui ont été les premiers à investir et à égayer les murs trop ternes de nos villes. C'est en partie grâce à eux que l'idée de musée à ciel ouvert a cheminé au fil des années.
Pour ce qui est de l'expérience personnelle, j'éprouve un très grand plaisir à peindre dans la rue. J'y trouve un bon équilibre entre les moments où je suis seul dans ma bulle, dans mon univers, à répéter inlassablement les mêmes formes. J'ai un rapport méditatif et presque hypnotique à ma pratique, celle-ci recquiert beaucoup de patience et de minutie, un peu à la manière d'un mandala géant. Et les moments où justement les passants viennent me sortir de ma bulle en me questionnant de manière spontanée sur le sens des formes représentées. Questions qui sont très variées puisque j'ai à faire à tout type de personne.
C'est donc une expérience toujours riche artistiquement et humainement.
Technique
Je peins au rouleau et au pinceau pour un résultat propre et net. Après avoir peint la couleur de fond, je dessine toujours les formes du motif au crayon que je repasse ensuite à la peinture pour la touche finale. Bien que très répétitives, les formes qui constituent le motif ne sont jamais exécutées à l'aide de pochoirs ou de rétroprojecteurs. C'est important pour moi, c'est ce qui fait que chaque oeuvre est unique. Bien que je répète toujours ces mêmes formes, le dessin du motif est toujours improvisé et réalisé in situ sur l'instant.